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CR Maubourguet, arènes en état de siège, 23/8/14

samedi 30 août 2014

Maubourguet, village de la honte
http://www.anticorrida.com/anticorr...
22 articles de presse

Vidéo Maubourguet Arènes en état de siège (version complète). La première version avait eu 14 500 vues. 165 militant/es anti corrida investissent les arènes.
Coups de poing et de pied, coups de barre de fer et de fouet par les aficionados... Matraquage et gazage à bout portant par les CRS. On y entend même les aficionados crier : "tue-le", "coupe-lui la main", enlève-lui la culotte", "crève", "tape-le encore"...
https://www.youtube.com/watch?v=JvE...

Vidéo "Corrida Basta à Maubourguet" sur la sortie des aficionados sous les cris et les sifflets des militant/es
https://www.youtube.com/watch?v=Jbb...

Vidéo "Sauvons les Animaux"
https://www.youtube.com/watch?v=8WA...

Photos après les témoignages

Témoignage de Stéphanie
http://annagaloreleblog.blogs-de-vo...

Témoignage de Ghislaine
http://annagaloreleblog.blogs-de-vo...

Témoignage de Georges Nosella, interviewé sur Ràdio Païs http://annagaloreleblog.blogs-de-vo...

Témoignage de Didier Talou, très gravement blessé et transporté aux Urgences de Tarbes
Je suis Didier Talou le président de l’association « Vénus », association de Protection et de Défense des animaux sur Bordeaux.
Dévoué aux animaux depuis mon enfance, je faisais partie des militants anti-corrida présents à Maubourguet (65) le samedi 23 Août 2014.
En arrivant à l’entrée de l’arène, j’ai été désagréablement surpris de constater la présence d’autant d’aficionados alcoolisés mais ravi d’entendre certains dire qu’ils ne viendraient plus à cause de la présence des CRS (contraintes de fouilles, contrôles d’identité…)
J’ai payé mon ticket pour rentrer dans les gradins alors que certains militants se faisaient refouler.

Au moment où nous avons sauté sur la piste de l’arène, j’ai senti une main me pousser violemment, me faisant ainsi perdre l’équilibre. Je suis tombé sur le bras gauche après une chute de 2 mètres. Sonné, j’ai d’abord pu me relever mais j’ai aussitôt réalisé que je ne pouvais pas avancer. J’ai alors ressenti de fortes douleurs qui me paralysaient dans le dos et les jambes.
Un CRS m’a attrapé violemment par le T-shirt pour me trainer à genoux alors que je le suppliais de m’aider en lui expliquant que je ne pouvais plus bouger. Il n’a rien voulu entendre et m’a poussé sur le dos en me laissant lâchement derrière un « burladero ».

Une militante s’est rendu compte de ma présence par hasard. Elle a eu du mal à trouver des secours qui sont venus s’occuper de moi après s’être occupés d’un militant avec une plaie ouverte qui perdait beaucoup de sang (m’a-t-elle rapporté).
Pendant l’attente des secours, un aficionado espagnol portant un béret et un foulard rouge est venu profiter de ma vulnérabilité au sol pour me donner des coups de pied ; ce dont pourra témoigner cette militante, car c’est elle qui a tenté de calmer la violence de cet homme alors que je ne pouvais plus bouger. D’autres me crachaient dessus ou criaient « laissez le crever ».
J’ai été énormément choqué par autant de violences y compris sur les femmes qui se faisaient insulter ou malmener. L’une d’elle a pris un coup de râteau pour niveler le sable dans la tête.
Des militantes restées enchaînées dans les gradins appelaient au secours pour me venir en aide, en vain. Elles sont témoins des crachats, des insultes et menaces, des coups de pied que j’ai subit et des coups de râteaux que prenaient les militantes.
A l’arrivée des secouristes, un médecin en civil spectateur de la corrida, avant de s’occuper correctement de moi m’a dit : « Vous êtes contre, nous sommes pour, et voilà ce qui arrive. Mais on n’est pas là pour débattre… ». Où est son devoir de réserve ?

J’ai ensuite été évacué par les pompiers sur l’hôpital de Tarbes, où j’ai été opéré du coude pour une fracture de la tête radiale.
J’ai également subi une fracture du bassin. Le médecin a déclaré une Incapacité Temporaire de Travail de 45 jours minimum, avec une longue rééducation et probablement une réintervention ultérieurement. Sans compter le traumatisme psychologique car je revois sans cesse ces images de violence totalement injustifiées de la part des aficionados et des CRS.
Contrairement à d’autres manifestations en France pour d’autres « causes », nous sommes pacifistes et non violents et défendons des êtres vivants.
Nous n’avons, nous, rien à gagner, nous nous battons contre la torture pratiquée sur des animaux sans défense. Cela ne mérite pas les coups et blessures subis. Jamais encore un aficionado n’a été gravement blessé, mais les victimes sont bel et bien les anti-corridas, après les taureaux qui meurent pour le plaisir de quelques pervers…

Didier Talou

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