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Mobilisation contre les textes législatifs qui chassent les végétariens des cantines

mercredi 26 octobre 2011

Dix-sept associations ont appelé à la mobilisation mercredi 26 octobre devant le Ministère de l’Agriculture pour exiger le retrait du décret 2011-1277 et de l’arrêté conjoint sur la restauration collective scolaire qui interdisent le végétarisme dans les cantines des établissements scolaires publics et privés.

En moins d’une semaine, près de six mille signatures ont été recueillies pour demander l’abrogation de ces textes. Beaucoup d’associations et d’individus à l’étranger soutiennent l’initiative et s’apprêtent à protester auprès des ambassades de France.

L’Initiative Citoyenne pour les Droits des Végétariens souligne la contradiction entre l’action du gouvernement français et le droit à la liberté de conviction telle qu’elle est affirmée dans la déclaration des droits humains des Nations Unies, qui comprend aussi le droit de vivre en conformité avec ses convictions.

Contact presse : David OLIVIER, 06 42 06 07 47
Ou : contact@icdv.info
Plus d’informations sur http://www.icdv.info/


Mobilisation importante contre les textes récents sur la restauration collective

Mercredi 26 octobre, à 11h30, une action de protestation aura lieu devant les bureaux de la Direction Générale de l’Alimentation (DGAL) du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche, 251 rue de Vaugirard.

Par ailleurs, une pétition réclamant l’abrogation du décret n°2011-1277 et de l’arrêté conjoint a rassemblé en moins d’une semaine près de six mille signatures dont de nombreuses venant de l’étranger. De nombreuses associations à l’étranger, végétariennes ou non, ont été heurtées par les manquements de la France vis à vis de la liberté de conviction et par l’impossibilité pour les enfants végétariens de s’alimenter correctement dans les cantines scolaires. Viva, une association anglaise, a adressé un communiqué aux médias britanniques intitulé : "Après avoir banni la burqa, la France bannit les végétariens".

Les décrets

Le décret n° 2011-1227 du 30 septembre 2011 et l’arrêté du 30 septembre 2011, publiés au Journal Officiel le 2 octobre 2011 (1) rendent tout bonnement illégal le végétarisme dans les cantines scolaires. D’une part, en rendant obligatoire la présence régulière de la viande et du poisson, ce qui empêchera les élèves végétariens de manger à la cantine tous les jours. D’autre part, parce que les cantines qui proposaient des menus alternatifs végétariens tombent maintenant dans l’illégalité.

La position de l’Initiative Citoyenne pour les Droits des Végétariens

De nombreuses personnes dans le monde ont la conviction profonde que la consommation des animaux et des produits de leur exploitation n’est pas légitime. Le végétarisme et le végétalisme sont l’expression concrète incontournable de cette conviction.

Le décret gouvernemental porte atteinte aux libertés individuelles fondamentales en restreignant le libre exercice des convictions personnelles tel qu’il est proclamé par les Nations Unies :

Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion. Ce droit implique la liberté d’avoir une religion ou n’importe quelle conviction de son choix, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, individuellement ou en commun, tant en public qu’en privé, par le culte et l’accomplissement des rites, les pratiques et l’enseignement.(2)


« N’est-ce pas une bonne chose que le gouvernement veille à ce que l’on serve des repas équilibrés dans les cantines scolaires ? »

« Oui bien sûr, à condition que les alternatives soient prises en compte - répond David OLIVIER, porte-parole de l’ICDV. Le décret et l’arrêté indiquent que chaque repas doit obligatoirement comporter un « plat protidique », en prévoyant exclusivement des protéines d’origine animale (viande, poisson, œufs ou fromage), sans prendre en compte l’existence de sources abondantes de protéines végétales. Ils imposent également des produits laitiers à chaque repas, supposés représenter le seul moyen de couvrir les besoins en calcium, en négligeant l’existence d’alternatives végétales et minérales. Pourtant, il est possible de concevoir des menus végétariens, y compris végétaliens, équilibrés, comme il est courant de le faire dans d’autres pays.

En imposant des produits animaux aussi fréquemment sous prétexte d’équilibrer l’alimentation des enfants scolarisés, le gouvernement fait croire que seule une alimentation carnée peut satisfaire les besoins alimentaires. D’autre part, il place l’enfant végétarien face à l’alternative suivante : consommer des animaux, malgré ses convictions, ou manger des repas carencés, voire du pain et de l’eau selon les repas, ce qui va à l’encontre du but affiché du décret. »

« Les personnes qui ne sont pas satisfaites de la cantine n’ont qu’à faire manger leurs enfants à la maison ! »

« Les parents des enfants végétariens n’ont pas tous la possibilité de récupérer leur enfant à midi ou de payer une nourrice - remarque Agnese PIGNATARO, mère une fille de trois ans. Cette solution serait discriminatoire pour les familles à faibles revenus. De plus, en privant l’enfant de ce lieu de socialisation qu’est la cantine, on fait de ses convictions un facteur de marginalisation. Il ne faut pas oublier que le droit à la liberté de conviction implique aussi que les parents ont le droit de choisir pour leurs enfants une éducation conforme à leurs convictions. »

« La cantine devrait-elle s’adapter à n’importe quelle demande ? »

« La cantine est un service qui correspond à un besoin - souligne Sara FERGÉ, enseignante. C’est donc à elle de s’adapter aux besoins de ceux qui l’utilisent, enfants, enseignants et autres personnels, et non l’inverse. C’est ce qui se passe dans d’autres pays, où l’usager se voit proposer plusieurs menus tous les jours, dont un menu végétarien, puisque ces menus sont pensés pour s’adapter aux exigences de la population. Pourquoi ce qui est possible ailleurs semble-t-il insurmontable en France ? »

Parce qu’ils empêchent les enfants végétariens d’avoir accès à une alimentation équilibrée dans les cantines, parce qu’ils font croire que seul un menu carné permet d’assurer l’équilibre alimentaire, parce qu’ils portent atteinte à la liberté de conviction, l’Initiative Citoyenne pour les Droits des Végétariens et les autres associations signataires exigent l’abrogation des textes législatifs imposant la consommation de produits animaux dans les cantines scolaires.

Signé par :

Animal Amnistie (Toulouse)
Animalsace
Aquitaine décroissance
Association Végétarienne & Végétalienne d’InformationS (A.V.I.S)
CLAM (Montpellier)
CLEDA (Paris)
Dignité Animale (Lyon)
Initiative Citoyenne pour les Droits des Végétariens
L214
Les Animaux de Maurice
Mouvement socialiste écologiste et autogestionnaire
Réseau Antispéciste Poitou Charentes.
NEA (Rennes)
Respect Animal (Lyon)
Rêv’Animal
Vegfest
Veggie Pride