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Telethon : Lettre à la présidente de l’AFM

dimanche 2 octobre 2011

Les maladies neuromusculaires font déjà suffisamment souffrir d’innocentes victimes humaines ainsi que leurs familles, pour ne pas accepter d’en rajouter en expérimentant sur des animaux.

Un militant a souhaité interpeller à ce sujet la présidente de l’AFM (Association Française contre les Myopathies), et l’informer de son refus de donner pour le Téléthon, tant qu’ils continueront à utiliser des animaux pour la recherche et les tests.

Si vous aussi souhaitez lui écrire, vous pouvez recopier la lettre ci-dessous (ou mieux, la personnaliser en restant toujours courtois)

  • Utilisez cette page pour la contacter par Internet : http://www.afm-telethon.fr/contact/
    Sélectionnez "Autres questions" dans le champ "Thème", et écrivez par exemple "dons" dans le champ "Objet de la demande"
  • et, pour plus d’impact , envoyez lui un courrier postal à cette adresse :
    AFM
    Madame Laurence Tiennot-Herment
    1 rue de l’Internationale
    91002 Evry

Soyons nombreux à exiger une science moderne, performante, et réellement éthique, à la hauteur de la générosité des français !

Lettre


à l’attention de Laurence Tiennot-Herment
Présidente de l’AFM

Madame la Présidente,

je m’adresse à vous à quelques semaines du 25ème Téléthon.
En effet, à chaque fois que les donateurs sont sollicités, il est important qu’ils sachent si l’argent qu’ils vont donner va être bien utilisé.
J’avais donc l’intention de vous demander si les dons que vous collectez servaient à financer des expériences sur les animaux, mais j’ai découvert entre-temps que c’est malheureusement le cas, en consultant plusieurs pages du site de l’AFM, ainsi que "l’abécédaire des contre-vérités".

Pour mon information personnelle, j’ai cependant quelques questions complémentaires :

  • Quelle part de votre budget est-elle précisément consacrée à la vivisection ?
  • Pouvez vous citer une seule étude faite sur les animaux, financée par votre association qui ait abouti à la découverte ou à la mise au point d’un traitement efficace pour l’homme dans le cadre des maladies neuromusculaires.
  • Si oui, pouvez vous me fournir une copie de la publication scientifique rendant compte de ces travaux ?

En tout état de cause, sachez, Madame la Présidente, qu’aucune espèce n’étant le modèle biologique d’une autre, les tests sur animaux sont incapables de prédire l’effet d’un traitement ou d’une substance chez l’espèce humaine.
Les preuves de cette constatation se basent sur la biologie moderne et la génomique.
Il n’est donc pas concevable qu’au XXIème siècle, votre association sollicite la confiance et la générosité du public pour financer ces pratiques archaïques, alors qu’il est désormais possible de faire autrement, et que les méthodes de recherches modernes sans recours au modèle animal doivent être préférées, car réellement fiables, plus précises et moins onéreuses que les tests sur les animaux.

Ce n’est pas moi qui l’affirme, mais des chercheurs et scientifiques de plus en plus nombreux à travers le monde, refusant la vivisection pour des raisons scientifiques, parce ce qu’à ce stade les différences même minimes entre les espèces sont plus importantes que les éventuelles similitudes.
Pas besoin d’ailleurs d’être un grand scientifique pour comprendre cela, qu’il s’agisse de recherche fondamentale ou de tests pré-cliniques pour des thérapies potentielles.

D’autre part -et c’est bien là pour moi le plus important- il n’est pas moralement acceptable (et d’ailleurs tout à fait hasardeux) de donner délibérément la souffrance à des êtres conscients et sensibles au prétexte de vouloir la retirer à d’autres.

La création de souffrance chez des animaux (quelle que soit l’espèce animale utilisée) est-elle une réponse à la souffrance existante déjà immense des humains malades et de leurs proches ?
Non, bien sûr, et il n’est pas davantage acceptable de se réfugier derrière une réglementation axée sur un hypothétique "bien-être" animal qui n’est qu’une façon détournée de légitimer la vivisection, avec des "comités d’éthique" pas équilibrés (trop de scientifiques, pas assez de non-scientifiques) et pas indépendants (absence d’experts en méthodes substitutives à l’utilisation d’animaux).

Alors, oui -bien évidemment- au progrès de la médecine et à l’amélioration de la santé humaine, mais pas à n’importe quel prix, et certainement pas à celui de l’exploitation cruelle des êtres vivants qui ne peuvent s’opposer.
L’exercice du droit du plus fort n’est en rien une valeur humaine de progrès, alors même qu’émerge avec force dans nos sociétés la revendication des droits fondamentaux pour les animaux, droit de vivre pour eux-mêmes et de ne pas être torturés ou même exploités.

La science n’y fait pas exception, et si elle veut rester crédible, elle ne doit nuire à personne, ni aux humains, ni aux animaux.

C’est pour toutes ces raisons, Madame la Présidente, que je m’abstiendrai -cette année encore- de donner à votre association, tant qu’elle n’aura pas officiellement et définitivement renoncé à toute expérimentation animale.

D’autre part, j’ai décidé d’informer mon entourage de la façon dont l’AFM utilise les dons généreux d’un public mal informé, ou pas forcément conscient de la cruelle vérité.

Veuillez recevoir, Madame la Présidente, l’expression de ma considération.