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Compte rendu du happening devant les arènes de Nîmes le 18 septembre 2011

mercredi 21 septembre 2011

JPEGSuite au communiqué de presse du CRAC Europe, Comité Radicalement Anti Corrida pour la protection de l’enfance, et du CLAM, Comité de Libération Animale de Montpellier (ici), le Midi Libre a annoncé notre spectaculaire happening anticorrida sur le parvis des arènes de Nîmes : « Anti-corrida CLAM et CRAC mobilisés : Les militants des organisations opposées à la corrida comme le CLAM et le CRAC-Europe manifesteront dimanche 18 septembre de 17h à 19h devant "la statue du tortionnaire", celle selon eux du toréro Nimeno II pour dénoncer "la barbarie des arènes". Ils ont prévu un happening spectaculaire et symbolique. »

Trente-cinq militant/es se sont réunis pour distribuer des tracts en pleine feria aux alentours des arènes, et lorsqu’à 17 heures nous avons commencé notre happening nous étions 52, venus d’Alès, de Nîmes, de Montpellier, d’Avignon et même de Marseille et d’Orléans.

Au pied de la statue du célèbre tortionnaire nîmois Nimeño II, une vingtaine de « taureaux percés de banderilles » sont allongés sur un drap blanc couvert de sang auprès d’une militante caricaturant la torera Marie Sara. Tout autour, les autres manifestants déployaient des bannières explicites : « Ici on torture des animaux », « Corrida la Honte », « Non à la honte française », « La torture n’est pas une culture », etc. Une vidéo tournait en boucle montrant l’ignominie de la corrida, avec la voix off du chanteur Renaud.

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Le happening a ensuite duré paisiblement une heure, entouré de curieux, jusqu’à ce qu’une trentaine d’aficionados alertés quittent le spectacle des arènes pour venir nous invectiver avec manifestement l’idée d’en découdre. Parmi eux, le député de Nîmes Yvan Lachaud, Alain Montcouquiol et l’un des animateurs du groupe Facebook 2000 jeunes pour la corrida. Deux aficionados se sont précipités pour nous arracher une bannière, essayer de faire tomber la caméra qui filmait la scène et enlever les tracts déposés sur la cape de la statue. Les gendarmes et policiers ont dû poser des barrières autour de la statue. Les taurins devenant de plus en plus injurieux et menaçants, les participants de la mise en scène se sont relevés et la situation est devenue si critique que les forces de l’ordre nous ont demandé de poursuivre notre manifestation à quelques mètres de la statue. Ils ont installé des barrières entre les deux groupes, les militants clamant des slogans d’un côté et les aficionados lançant des injures et faisant des doigts d’honneur de l’autre. Jean-Pierre Garrigues, vice-président du CRAC Europe, a pris le mégaphone pour dénoncer haut et fort les mensonges et les arnaques de la tauromachie. Alain Montcouquiol s’est précipité vers lui pour l’injurier et l’agresser, mais il a été évacué par les gendarmes. Plusieurs autres aficionados agressant physiquement les militants et bousculant même les policiers ont dû également être repoussés par la centaine de gendarmes, policiers et CRS présents. Nous remercions les forces de l’ordre nîmoises pour la protection qu’ils nous ont offerte tout au long de la manifestation, allant même jusqu’à raccompagner à la fin certains d’entre nous pour assurer notre sécurité.

Merci aux médias qui ont couvert l’événement, le Midi Libre avec quatre articles, TV Sud, Radio France Bleu Gard Lozère (direct de trois minutes mardi 20 septembre à 18 heures), FR3 Gard Lozère et Radio Fréquence Évasion qui nous réserve une émission d’une demi-heure. Et dans les kiosques à Nîmes, lundi 19 septembre, le titre de la journée sur toutes les portes était « Action spectaculaire des Anticorrida pendant la feria ! », en annonce du journal !

Merci aux militants qui ont tout filmé et photographié. Cela nous permettra de réfuter les abominables mensonges d’André Viard clamant dans Terres Taurines la prétendue « violence » et « la haine » des anticorrida, manifestant sa colère contre les médias pour avoir annoncé et publié notre happening, contre les forces de l’ordre pour nous avoir protégés et contre la ville de Nîmes pour nous avoir laissé faire ce happening. Or qui étaient les violents agresseurs pleins de haine, nous, les défenseurs des animaux couchés au sol comme les taureaux percés de banderilles ou tenant nos bannières, immobiles et en silence ? La présidente de l’Alliance Anticorrida devrait réfléchir un peu avant de nous attaquer dans les colonnes du Midi Libre, dans l’édition nîmoise du mardi 20 septembre. On s’interroge sur ses motivations.

Nous sommes heureux d’annoncer que c’est justement grâce à la haine et à la violence des aficionados envers les anticorrida que nous avons pu fortement perturber la corrida elle-même. Car, outre les aficionados qui ont quitté le spectacle de la corrida pour venir nous injurier et nous agresser, une cinquantaine ou plus de spectateurs ont également quitté les gradins pour affluer sous les arches aux différents étages pour regarder à la place ce qu’il se passait sur le parvis de l’arène.

Notons aussi que sur les 13 500 places des arènes, seulement 5 000 ont été achetées (info officielle de la billetterie des arènes) et que le taux moyen de remplissage des arènes n’a été que de 53 % pendant toute la feria. Les contribuables vont encore devoir payer pour un déficit qui s’annonce important. En toute opacité, comme d’habitude !

Peut-être que les adeptes de la tauromachie vont enfin comprendre, en voyant l’affluence baisser chaque année, qu’il serait temps que les villes du Sud attirent les touristes avec d’autres moyens que la torture et le massacre des taureaux accompagnés des habituelles beuveries, des violences et de la saleté qu’elles entraînent.


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