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La végéphobie

mardi 30 août 2011

Les luttes contre les inégalités et les injustices ont toujours été menées par une minorité qui a fait entendre ses critiques et ses revendications. Plus ces critiques et revendications ont été débattues, plus la minorité s’est développée et la lutte s’est trouvée renforcée.

Le débat est essentiel pour faire progresser la condition des animaux dans nos sociétés humaines. Or, les militants animalistes1 savent que mettre en place un cadre adéquat pour permettre ce débat est une chose difficile, voire impossible, même – et surtout ? – dans un pays comme la France. Il devrait être possible de faire admettre une chose infiniment simple : les animaux ne veulent pas souffrir et être tués, nous n’avons pas besoin de les faire souffrir et de les tuer, donc ne les tuons pas. Et pourtant, ce syllogisme élémentaire n’est pas saisi.

Ce n’est pas simplement parce que les humains ne veulent pas renoncer à leur plaisir de manger de la viande qu’il n’est pas entendu. C’est aussi parce que, nous, végétariens2, sommes inaudibles, parce que tout est mis en place, à l’échelle de la société tout entière, pour nous rendre inaudibles. Nous ne pouvons débattre, parce qu’on nous en empêche. Cela peut paraître égoïste et ingrat de se dépeindre comme une minorité éclairée inaudible dans une société où nous jouissons de droits fondamentaux, dont la liberté d’expression.

Néanmoins, les témoignages convergent en ce sens : dès que nous voulons mettre en avant le sort des animaux d’élevage, de quelque manière que ce soit – y compris par le simple fait de refuser la viande – nous sommes marginalisés (à des degrés divers) et tout va dans le sens d’une brutale censure. Cette dernière est perçue par les végétariens, la plupart du temps, mais elle n’est que rarement identifiée. Et surtout, on a rarement réfléchi à ses conséquences. Pour la nommer, nous avons choisi de l’appeler végéphobie, en référence à la première fois qu’elle a été nommée : dans le manifeste de la Veggie Pride3. Nous avons voulu étudier les différentes formes qu’elle prend et les conséquences qui en résultent, non seulement pour nous, végétariens, mais aussi pour les animaux en général. Pour être clairs, nous affirmons que la végéphobie est extrêmement nuisible aux animaux parce qu’elle bloque la diffusion des idées et pervertit le débat.

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