Accueil > Actualités France > Les « sans abri » du peuple chats

Les « sans abri » du peuple chats

dimanche 9 janvier 2011

De l’errance douloureuse à un territoire de paix


Une enquête de One Voice

Si aujourd’hui la France recense plus de huit
millions de chats de compagnie dans ses foyers,
les félidés seraient tout autant à errer dans les
rues, les parcs, les sites désaffectés, les caves,
etc. suite à leur abandon ou à leur naissance
incontrôlée.


One Voice a diligenté une enquête destinée à
faire le point sur la situation et les conditions
de vie des chats sans abri.
Réalisée début 2010, avec l’appui d’une dizaine d’associations de
protection des chats « errants », cette enquête
dresse un bilan accablant : les chats sans abri,
que certains imaginent « libres » et heureux,
doivent faire face à des conditions de vie
dramatiques, marquées par la peur, la faim et
la maladie, et à une cruauté aux limites de
l’imaginable dont la mort prématurée est l’issue
fatale.
Autre constat alarmant : bien que
difficilement chiffrable, leur nombre n’en finit
pas de croître et ce malgré le développement des
structures oeuvrant au quotidien à la protection
et à la régulation de la population féline. Cette
prolifération, et les problèmes de cohabitation
avec les humains qu’elle engendre, conduit
beaucoup de municipalités à commanditer des
opérations de capture et d’euthanasie massives.
Les chats sont traités comme des animaux dits
« nuisibles ».

Comment ce compagnon millénaire de l’homme,
autrefois déifié sous les traits de la déesse
Bastet, symbole de la fécondité et de l’amour
maternel, animal préféré des Français, en est-il
arrivé là ? Nathalie Simon, vétérinairecomportementaliste,
spécialiste des relations
homme-animal de compagnie, apporte ici
certains éléments de réponse. À travers la
description des comportements de cet être
indépendant et affectueux, constant et variable,
elle donne à voir la méconnaissance et
l’incompréhension dont le manque de
considération est la tragique conséquence.
Nathalie Simon rappelle notamment qu’un chat
ne décide pas de devenir « libre », mais qu’il y
est contraint par des propriétaires
irresponsables. Que la soi-disant liberté
retrouvée est, pour la grande majorité des chats
élevés dans un foyer, synonyme de galère
puisqu’ils perdent tous leurs repères une fois
abandonnés dans la nature.
Pour dramatique et inquiétante qu’elle soit, la
situation n’est pas sans espoir pour peu que des
efforts conjoints soient consentis. L’enquêteur
de One Voice a pu constater que certaines ONG
ont d’ores et déjà mis en place des partenariats
avec les municipalités et les bailleurs leur
permettant non seulement d’avoir les moyens
logistiques d’accueillir et de soigner les chats
sans abri, mais aussi de réguler leur population.
Les premiers résultats sont encourageants pour
toutes les parties prenantes. Ils ont notamment
permis à des milliers d’animaux de ne pas finir
euthanasiés ou torturés.
One Voice oeuvre à une prise de conscience
collective en publiant ce rapport qui s’inscrit
dans un projet plus vaste, « Chatipi ». Imaginé
comme un lieu de repos et de soins pour les
chats sans abri, qui resteraient par ailleurs
totalement libres de leurs mouvements,
« Chatipi » est un territoire qui favoriserait en
outre le lien social pour les personnes âgées
ainsi que l’éducation des jeunes générations
dans le cadre de programmes pédagogiques.
Lancé parallèlement à une campagne
d’information à l’échelle nationale, « Chatipi »
a pour objectif de réhabiliter ce merveilleux
compagnon dans notre société.


A lire ci-dessous

PDF - 3.4 Mo

Voir en ligne : One Voice