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Les rapports sur les représentations des montreurs d’ours dans le cadre du Printemps des Comédiens

samedi 5 juin 2010

Rapport sur les représentations des montreurs d’ours dans le cadre du Printemps des Comédiens

Les Vendredi 4 et Samedi 5 juin 2010 nous avons assisté aux représentations des montreurs d’ours dans le cadre de la Route Tzigane du Printemps des Comédiens, pris des photos et des vidéos et discuté avec les Poliakov.
Voici notre constat.

L’ourse qui ne participait pas tournait sans interruption dans son étroite cage. Les Poliakov dirent que c’était parce qu’elle était chaleur. Mais nous savons que tous les animaux en cage se comportent ainsi car c’est leur seule façon de dépenser leur énergie. Nous avons aussi vu, lorsque les ours attendaient enfermés dans leurs cages, le comportement stéréotypé de névrose, léchant et mordillant sans cesse les barreaux. Et bien sûr aucune possibilité de s’abriter de la chaleur dans une tanière fraîche.

Un des ours a un problème visible à l’arrière train, certainement cause de douleur, provoquant une démarche anormale et des difficultés à marcher, donc à effectuer les exercices imposés.

Monsieur Bedos, vous nous avez dit qu’un vétérinaire viendrait Mercredi, sans doute est-ce au sujet de cet ours souffrant ? Auriez-vous l’obligeance de me faire parvenir ses coordonnées ou de m’informer de son diagnostic ?

Les ours étaient très apathiques, M. et Mme Poliakov ont eu des difficultés à leur faire faire les exhibitions. Les dresseurs d’ours et le public mal informé disent souvent que les animaux aiment faire ces numéros, que c’est un amusement pour eux aussi. Nous avons eu une preuve de plus ici qu’ils le font seulement sous la contrainte. Les dresseurs ont été souvent obligés de tirer vigoureusement sur leurs cordes pour les faire avancer, de les pousser avec force et de leur présenter sans cesse des récompenses alimentaires. A plusieurs reprises même, les ours ont refusé de faire le tour qu’on exigeait d’eux en refusant de bouger. En outre, ils bavaient beaucoup sous leur muselière.

Les Poliakov ne se considèrent pas comme des circassiens (et se disent même anti-cirque) car s’ils exhibent leurs ours dans des cirques 4 mois par an c’est afin de pouvoir faire vivre le grand nombre d’animaux qu’ils recueillent et sauvent de la mort. Le reste du temps, ils bénéficient d’un espace de 12 hectares qu’ils partagent avec ces autres animaux et disposent de tanières. Nous enquêtons sur ce sujet. Le président de l’association " Respectons " s’est rendu chez eux près de Blois en 2008. Les ours à l’époque vivaient dans des box de camions. Les Poliakov devaient faire clôturer leur terrain afin de le mettre à la disposition des ours. Notre enquêtrice vient de téléphoner à la DDSV du département. Depuis 3 ans les ours vivent en box de camions. Des travaux d’aménagement auraient débutés suite à la demande de la DDSV d’assurer un minimum de mieux être aux ours. Le responsable étant absente jusqu’au 20 Juin, notre enquête se poursuit pour savoir si les 12 hectares alloués ont bien été clôturés sans quoi il est bien sûr impossible d’y lâcher les ours.

M.Poliakov avait dit que " la DSV se montre sévère et nous impose des règles pour la détention des ours". Or nous savons que les DSV ne font qu’appliquer les lois en vigueur, non adaptées au réel bien-être animal or même ces règles n’ont peut être pas encore été appliquées.

Si elle ne leur fait pas faire ces numéros pour les nourrir, ajoute Mme Poliakov, elle devra les euthanasier. Notre proposition est l’accueil de ces ours dans des sanctuaires où les associations de sauvegarde des animaux leur réapprennent à vivre en semi-liberté. Nous savons tous que la réintroduction dans un espace sauvage naturel est impossible à ce stade.

Les Poliakovs disent aussi n’avoir acheté aucun de leurs ours, qui leur ont été donnés et ont maintenant entre 12 et 17 ans. L’un d’entre eux était un ourson en passe d’être euthanasié. Nous savons en effet que de nombreux zoos pratiquent l’insémination artificielle pour obtenir des petits qu’ils vendent ensuite à d’autres zoos ou à des cirques (ce qu’ils appellent sauvegarde des espèces en voie d’extinction !). Or Mme Poliakov a dit que les zoos les font naître parce que les bébés attirent plus le public que les animaux adultes. Mais ensuite, pour s’en débarrasser quand ils grandissent, ils les euthanasient. Voilà donc 2 versions bien différentes, aussi inadmissible d’ailleurs l’une que l’autre.

Les Poliakov se sont montrés courtois et ouverts à la communication avec les militantes, mais ils restent dans le déni quant aux souffrances psychologiques et physiques des ours, causées par l’enfermement (un ours dans la nature a un territoire de 3000km2), l’ennui, l’obligation de faire des numéros stupides contraires à leur nature et contre leur gré.

Il y avait peu de spectateurs pour cette représentation et bon nombre de visiteurs nous ont fait part de leur désapprobation devant ce spectacle. Ils ont été invités à vous faire part de leur indignation.

Témoignage vidéo...

...en enfin, celui d’Alicia, militante du CLAM

Personnellement je pense qu’ ils nous ont bien amadoué avec leurs belles paroles pleines de gentillesse et de compassion moi je pense qu’ils ne voulaient pas d’ennuis et donc ont été respectueux envers nous !
De plus l’hypocrisie sur scène de la "maman ours" était indiscutable : elle tire l’ours ou lui tape dessus et une seconde après change son visage et hop ni vu ni connu un grand sourire au public ! Et grande manipulation finale : Mr Poliakov nous invite à caresser l’ours pour qu’on se rende compte de sa bonne santé ! Traduction : venez caresser un animal sauvage (chose que vous ne pourrez faire qu’une fois dans votre vie) et laissez nous tranquille.
Je m’en veux d’avoir oublié de poser la question au sujet du probleme de patte de l’un des ours bref en resumé ils nous ont baratinés. Du moins c’est ma version des faits et je n’en demordrai pas !