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Lettre d’info du CRAC

mercredi 9 juin 2010

Chers amis de combat,
L’actualité abolitionniste est chargée ! Après notre distribution de plus de 7000 tracts à Nîmes pour dénoncer le cynisme de la mafia des arènes qui organisait une "corrida de bienfaisance" au bénéfice supposé des sinistrés d’Haïti le jeudi 13 mai, après le sommet international de Barcelone (compte-rendu visible sur notre site : www.anticorrida.com ) les 15 et 16 mai derniers, après notre assemblée générale parisienne le 29 mai, nous avons assisté hier à une journée historique pour notre lutte.

En effet, pour la première fois, lors d’une conférence de presse une proposition de loi conjointe PS / UMP a été présentée aux médias. Le CRAC Europe, comme d’autres associations spécialisées ou généralistes avait été invité par les deux députés à l’origine de cette "union sacrée" : Madame Gaillard (PS) et Madame Marland-Militello (UMP).
Comme le précise le texte de présentation "ce texte reprend et prolonge la dynamique initiée par Muriel Marland-Militello et ainsi augmente les chances d’obtenir enfin l’inscription de cette proposition de loi à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale grâce à une mobilisation parlementaire encore plus large.

En effet, en juin 2004, Muriel Marland-Militello déposait une proposition de loi pour interdire les corridas et les combats de coqs. Cette proposition de loi n’ayant pas été inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale sous la douzième législature, la députée l’a redéposée, sous le numéro 228, le 25 septembre 2007. Actuellement 54 députés ont d’ores et déjà cosigné sa proposition de loi." En comptant les députés qui ont signé le manifeste du CRAC Europe, nous dépassons les 60 députés. Désormais, avec cette proposition de loi historique présentée par des représentants des deux principaux partis politiques de notre pays, les députés PS pourront cosigner ce texte, ce que la "discipline de parti" leur interdisait jusqu’à présent. Ci-dessous, la dépêche AFP.

Un immense merci à ces deux courageuses députées ! Vous pourrez dès demain retrouver un compte-rendu détaillé de cette conférence de presse sur notre site. Le journaliste et dessinateur Cabu était également présent... et il a beaucoup dessiné ! Ne pas rater le "Charlie Hebdo" de la semaine prochaine (sortie en kiosque le mercredi !) ! Il y sera question de cette journée !

Le site internet de Paris Match présente un article tout à fait honnête sur le sujet (même si la journaliste s’est trompée au sujet de la modification de la loi : il ne faut bien entendu pas supprimer l’article 521.1 du code pénal qui protége les animaux, mais bien l’alinéa 7 de ce même article qui génère "l’exception corrida"). Voici le lien, merci de réagir sur le site pour féliciter les députés signataires !

Et demain sur notre site : l’annonce de notre prochaine action à Nîmes le 17 juillet prochain en collaboration avec l’association "One Voice" !

A bientôt
Bien à vous
Jean-Pierre Garrigues
Vice-président du CRAC Europe
Tél. 06 75 90 11 93


09/06/2010 15:04 PARIS (AFP) -
Deux députées, une socialiste et une UMP, déclarent la guerre aux corridas

Deux députées, une socialiste et une UMP, ont décidé, fait rare à l’Assemblée, d’unir leurs forces pour déclarer la guerre aux corridas et aux combats de coqs, "des spectacles barbares", selon elles, que la France du XXIe siècle ne doit plus tolérer.
Geneviève Gaillard (PS) et Muriel Marland-Militello (UMP), respectivement présidente et vice-présidente du groupe d’études parlementaire sur la protection des animaux, ont présenté mercredi à la presse une proposition de loi commune visant à interdire, de fait, ces pratiques.
Leur texte entend supprimer les dérogations prévues au Code pénal -qui punit de deux ans d’emprisonnement et de 30.000 euros d’amende les "sévices graves" infligés aux animaux- pour les corridas et les combats de coqs "lorsqu’une tradition locale ininterrompue peut être invoquée".
Quelque 700 taureaux seraient tués chaque année en France lors d’une centaine de corridas (sud). Les combats de coqs sont, eux, encore courants dans le Nord et en outre-mer.
"C’est un combat humaniste soutenu par une large majorité de Français. Nous voulons montrer toutes les deux qu’il y a des moments où on sait dépasser les clivages politiques pour défendre une noble cause", a déclaré Mme Marland-Militello.
Leur texte doit toutefois encore être inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée, soit par le gouvernement, soit par un groupe parlementaire, ce qui est loin d’être acquis. "Pour l’instant, c’est silence radio" de la part des patrons des députés UMP et PS, Jean-François Copé et Jean-Marc Ayrault, a reconnu Mme Gaillard.
"Ce silence ne pourra pas durer éternellement", veut croire sa collègue. Surtout, les deux femmes misent sur leur démarche transpartisane pour faire aboutir le texte. "Ensemble, on gagnera plus facilement", insiste Mme Marland-Militello.
Sous la précédente législature, la députée UMP des Alpes-Maritimes avait déposé une proposition de loi similaire, qui n’a pas abouti. Ses collègues pro-corrida avaient demandé son exclusion du parti au président de l’Assemblée d’alors, Jean-Louis Debré.
"Ils avaient aussi écrit à Michèle Alliot-Marie, dont mon mari était le directeur de cabinet, pour dire que j’étais instrumentalisée par une secte ! Aujourd’hui, avec mon alliance avec Mme Gaillard, ils disent que je suis traître à la cause UMP", raconte-t-elle.
Les deux élues dénoncent le poids des "lobbies" pro-corrida, avec leurs relais à l’Assemblée, "minoritaires mais terriblement agissants", qui feront tout pour que le texte n’arrive pas en séance publique.
Elu d’un département (le Gard) à forte tradition tauromachique, Jean-Marc Roubaud, signataire du texte, a témoigné avoir été l’objet "pas d’une fatwa mais presque" de certains élus locaux.
La proposition de loi a déjà été cosignée par 12 députés, dont les socialistes Julien Dray et Gérard Bapt (PS), l’UMP Lionnel Luca et François Rochebloine (Nouveau Centre).
Les députées ont aussi dévoilé la création d’un "collectif des vétérinaires opposés à la corrida". Plusieurs de ces médecins étaient présents pour témoigner de "la souffrance totale, physique et psychique" des taureaux.
Jean-Paul Richier, psychiatre, s’est lui employé à démonter un à un les arguments des pro-corrida (économique, sociétal, esthétique...) notamment celui qui consiste à dire que la tauromachie est un "exutoire à la violence".