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Journée antispéciste 2009

lundi 8 juin 2009

A Montpellier, ce sera Place Paul Bec de 13 h à 19 h.

Buts de cette journée

Par cette action, nous souhaitons informer d’une part d’autres militant-e-s sur la pertinence de ce concept et d’autre part le grand public.
L’idée de cette journée est venue d’une remarque que nous entendons régulièrement : " Vous, les antispécistes ", comme si la critique du spécisme était réservée à un petit groupe bien défini.
Nous pensons donc que parler du spécisme permettrait notamment de clarifier les préjugés qui existent sur les antispécistes, préjugés qui polluent le débat et empêchent la bonne utilisation d’un outil intéressant pour les militant-e-s.
Et concrètement ?
Les actions en direction du grand public pourraient prendre autant de formes qu’il y aurait d’initiatives : exposition de photos, tables de presse avec des mises en scène, débats, projections, etc.

Le spécisme comme outil pour les militant-e-s
Chaque action, qu’elle touche plus particulièrement le végétarisme, la vivisection ou le salon de l’agriculture (en vrac et sans aucune exhaustivité) a son intérêt en permettant de multiplier les angles d’approches et en occupant la scène publique.
En tant que militant-e-s, il est important d’agir à plusieurs niveaux, afin de mieux toucher les personnes auxquelles nous nous adressons. Et militer pour les animaux[1] implique en général de se concentrer sur un de ces trois points :

  • les pratiques (viande, corrida, vivisection, chasse, etc.),
  • les lois et le droit,
  • les idées. En attirant l’attention sur le spécisme, cette journée serait l’occasion de mettre en avant l’aspect idéologique des droits des animaux : les discriminations dont souffrent les animaux ne sont pas une question de choix personnel, mais de justice et d’éthique. En quoi critiquer le spécisme est-il intéressant ? Parce qu’il permet de remettre en cause l’idéologie sur laquelle reposent aussi bien les lois qui méprisent les droits des animaux que les pratiques qu’elles justifient.

Voici quelques exemples tirés de notre expérience militante :

Dans la critique de certaines pratiques : s’il n’est pas légitime d’utiliser des humains dans la vivisection, pourquoi utiliser des animaux d’autres espèces, alors même que cela est moins efficace ? N’est-ce pas uniquement par spécisme ?
Droits des animaux : pourquoi refuser des droits aux animaux ? Parce que ce sont que des animaux ? C’est du spécisme.
Lors de discussions avec des militant-e-s d’autres causes : le spécisme repose sur les mêmes bases idéologiques que les autres discriminations (racisme, sexisme, homophobie, etc.), avec comme point central l’utilisation de la "nature" comme justification de l’infériorisation de certains individus.

Qu’est-ce que le spécisme ?

Nous maltraitons et tuons des animaux par millions chaque jour. Pour justifier cela, nous nous sommes persuadé-e-s que leur vie et leurs souffrances ne valent pas grand-chose : " ce ne sont que des animaux ! ".
Leur mise à mort serait un mal nécessaire ; il serait même " naturel " de tuer pour manger. Mais rappelons-nous que l’argument " nature " justifiait également l’esclavage ou le fait que les femmes n’aient pas le droit de voter. Il ne s’agit pas de " nature ", mais d’habitudes !
Le " spécisme ", c’est comme le racisme, mais envers les animaux.

(1) Par " animaux " il faut bien sûr entendre " animaux non humains ". Nous ne le précisons pas dans le texte pour des raisons pratiques de lisibilité.

De la pluie, du soleil, de la pluie et du soleil

Nous n’avions pas moins de trois tables, cela a permis d’étaler une abondande littérature sur l’exploitation animale engendrée par le spécisme. Les panneaux et affiches que nous avons collés sur des supports naturels ont contribué à interpeller les passants assez nombreux en ce samedi (fête des mères et sur une autre place la Gays Pride.)
Ce fut aussi l’occasion de déployer notre toute nouvelle banderole.

Toutefois il apparait que la dénonciation de cette discrimination, le spécisme, est encore très mal acceptée et même parmi des "amis" des animaux. Nous avons eu plusieurs remarques sur un ensemble d’affiches avec des photos d’une vache, d’un cochon, d’un chien et d’un bébé humain avec la question "quelle différence ?" Pour l’une, cela ne sert à rien, parce que les gens ne peuvent pas comprendre et nous prennent pour des "rigolos", pour un autre, il s’est senti insulté dans sa dignité d’homme. Un autre, enfin, reconnait que les animaux doivent être bien traités mais quand même, c’est Dieu qui les a créé pour notre bon usage...Ben, voyons !
C’est vrai, qu’il a fallu expliquer sans relâche, aux passants qui voulaient l’entendre, ce qu’était le spécisme en se référant au racisme, à l’esclavage humain. Les pionners de ces luttes ont rencontré les mêmes difficultés que nous. Il ne faisait pas bon de mettre sur un pied d’égalité un noir et un blanc, comme aujourd’hui de vouloir la libération animale qui va bien plus loin que la notion de "bien-être" animale largement acceptée aujourd’hui. Il s’agit d’avoir une autre approche, de ne plus le considérer comme une produit, un esclave que l’on peut exploiter, parce que les différences réelles qui existent entre les espèces animales ne sauraient être un argument pour que l’une d’elle, l’espèce humaine en l’occurence, puisse réduire en esclave, maltraiter, torturer, de se donner le droit de vie et de mort aux autres espèces animales.

Le moment fort de cette journée, annoncé sur les ondes de Radio Clapas devait être l’action "barquette" ; action choquante mais qui permet d’interpeller les passants et d’attirer les journalistes friands de sensationnels. Midi-Libre couvrit d’ailleurs l’évènement et un article fort correcte est dans l’édition de ce dimanche.
Ce devait donc être le temps fort de cette journée mais un violent orage s’abattit à ce moment là, faisant fuir journalistes, passants..et militants !! Une seconde tentative eu lieu, quand le soleil fut revenu dans une barquette bien détrempée (un grand bravo pour les deux très courageuses militantes).
Il faut dire que nous avons passé notre temps à couvrir d’une bâche les tables, de les découvrir quand le soleil revenait puis de les recouvrir de nouveau.
A 18 h, nous avons plié bagage.

Pour finir, je souhaite remercier les uns-es et les autres de leurs présences, nous étions quand même une dizaine. Nous avons enregistré quelques personnes qui souhaitent s’investir au CLAM.
Dom


Voir en ligne : La journée antispéciste dans les media