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Pour le Jury de Déontologie Publicitaire, l’homme est un carnivore

mercredi 3 mars 2010

Source Dominique Joron

La lettre

Bonjour,

Permettez-moi de vous faire part de mon étonnement de votre absence de réaction vis-à-vis des campagnes publicitaires de l’entreprise Charal.

En effet, Charal affirme que l’homme est un carnivore, ce qui est faux puisqu’il est omnivore.

Cette affirmation mensongère peut contribuer à désinformer des personnes et notamment les enfants mais elle prétend de fait qu’une alimentation végétarienne ne peut convenir à un être humain.

En conséquence, je vous remercie de faire preuve de plus de vigilance, notamment auprès d’industriels qui profitent de messages publicitaires pour faire de la désinformation.

Bien sincèrement

Dominique Joron

La réponse

Monsieur,
Nous avons bien reçu votre plainte du 20 décembre 2009 laquelle a retenu toute notre attention.

Nous vous informons que, après examen attentif de votre analyse et de la campagne publicitaire en cause, celle-ci ne nous paraît pas, contrevenir aux dispositions déontologiques en vigueur et en particulier aux principes de véracité et de loyauté applicables à toute publicité.

En effet, le spot en cause émane d’une entreprise spécialiste de produits élaborés à base de viande. Il apparaît donc légitime que cet annonceur axe sa communication sur cette catégorie de produits qui composent l’alimentation de la majeure partie de la population. Rien dans ce message ne vise à dénigrer le choix d’une alimentation végétarienne.
Par ailleurs, la notion de " carnivore " employée dans cette publicité doit être perçue comme non exclusive, en tenant compte des images qui accompagnent ce texte ; à savoir une assiette composée de viande et de légumes illustrant le caractère omnivore de l’homme.

Si nous pouvons comprendre votre réaction sans doute liée à vos convictions en matière de défense de la condition animale, cette campagne, décalée et humoristique, tant en ce qui concerne la mise en scène que l’accroche publicitaire, demeure acceptable pour la majeure partie du public.

En conséquence et en application de l’article 12 du Règlement intérieur du Jury de Déontologie Publicitaire, votre plainte ne sera pas soumise à ses membres pour délibération.

Toutefois, nous intervenons auprès de l’annonceur pour lui faire part de votre réaction.

Nous vous remercions de l’intérêt que vous portez à notre instance et vous prions d’agréer, Monsieur, l’expression de notre considération distinguée.

Marie-Dominique HAGELSTEEN
Présidente du JDP