Accueil > Actualités France > Les chasseurs font la loi

Les chasseurs font la loi

jeudi 3 juin 2010

Source RAC et CVN
Avec un sens remarquable de l’intérêt général, les députés viennent d’adopter, le jeudi 18 décembre, ce qui transforme le délit en loi, le mensonge en vérité et les pyromanes en pompiers.

  • Les chasseurs sont reconnus au titre de la protection de la nature (peu importe que 33 % des espèces aient disparu par fait de chasse). Pourquoi ne pas agréer les pédophiles au titre de la protection de l’enfance ?
  • Porter une arme chargée à l’âge de 16 ans “développe le sens des responsabilités”, à en croire les ministres et parlementaires. C’est ce qu’on voit tous les jours, en effet.
  • Tirer sur une espèce protégée ne provoquera pas de retrait de permis de chasser (sans doute parce que cela ferait un protecteur de moins, ce serait dommage).
  • Le grand duc artificiel, qui faisait partie de l’arsenal des braconniers, appartiendra désormais à celui des chasseurs, c’est-à-dire des protecteurs. Tant pis, entre autres, pour les alouettes.
  • Le coût du permis de chasse est baissé. (Pour augmenter, cela va de soi, le nombre de protecteurs de la nature). Une suggestion : pourquoi ne pas le donner avec une prime de 100 € ? Ce serait plus efficace.
  • Comme les chasseurs font la loi, ceux qui ne veulent pas de la chasse se verront bientôt criminalisés par une amende pour “entrave à la chasse”. Il faut être logique. Tout ce qui manque à cette loi, c’est de rendre la chasse obligatoire. Encore un effort, messieurs les députés !

Moralité : Il y a une seule espèce protégée en France : les chasseurs.
Il faut noter qu’on a vu l’UMP et le PS, lequel soi disant "s’oppose", s’accorder joyeusement sur les bienfaits sans nombre de ce texte. Miracle de Noël ?
Les députés ayant voté ceci à une quasi unanimité et sans débat, chacun voit comme on pourra compter sur eux quand il s’agira vraiment d’avoir une politique de protection (si cela arrive jamais).
À bon entendeur...

Pourtant, la chasse peut et doit disparaître au profit d’une organisation plus démocratique des relations entre la nature et la vie moderne, entre les concitoyens et leurs élus.