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Abolitionnisme versus réformisme ou : quel type de campagne conduira finalement aux droits des animaux ?

mercredi 2 juin 2010

Martin Balluch
Traduit de l’anglais par Estiva Reus
Source les Cahiers Antispécistes
Bien-être animal et droits des animaux
Le bien-être animal et les droits des animaux sont deux choses foncièrement différentes.
Le bien-être animal est apparu pour la première fois dans l’histoire moderne dans des écrits du milieu du XVIIIe siècle. La première association pour le bien-être, la RSPCA anglaise, fut fondée en 1824, et la première association autrichienne de ce type, WTV, fut créée en 1846 à Vienne. La première loi autrichienne de protection des animaux date de cette même année. Le bien-être animal est motivé par la compassion et l’empathie. Le but est de réduire la souffrance des animaux au minimum « nécessaire ». Les premières associations pour le bien-être animal s’employèrent surtout à aider des animaux en détresse, en particulier des animaux dits de compagnie, c’est-à-dire des animaux qui vivent dans des familles humaines en tant que compagnons. L’optique du bien-être ne met pas en cause le fait de tuer les animaux. Du moment qu’ils sont mis à mort sans souffrance, ce n’est pas un problème éthique. L’idée que les animaux sont destinés à l’usage des humains n’est pas remise en cause dans son principe. Du moment qu’ils sont utilisés « humainement », il n’y a rien de mal à cela. Le bien-être animal ne questionne pas la relation entre humains et animaux dans la société considérée dans son ensemble. L’objectif principal est de nature sociale – soulager la souffrance – et non de type politique – changer la société. L’optique du bien-être animal demande aux humains d’être bons, de se montrer attentionnés envers les animaux, de faire preuve d’empathie et de compassion.
Les droits des animaux relèvent d’une idéologie très différente. Ils demandent à tous les humains de respecter les droits fondamentaux égaux des animaux non humains. La valeur des animaux n’est pas déterminée par leur utilité pour les humains, par ce à quoi ils leur servent. L’individu animal passe du statut d’objet à celui de sujet, il n’est plus une chose mais une personne. C’est Lewis Gompertz qui, au début du XIXe siècle, a produit les premières idées allant dans ce sens dans la société moderne. A la fin du XIXe siècle, Henry Salt fonda la première organisation pour les droits des animaux : la Humanitarian League1. L’idéologie des droits des animaux ne veut pas minimiser la souffrance « nécessaire », son but est d’établir des droits fondamentaux pour tous les animaux, d’assurer leur autonomie, leur possibilité de déterminer par eux-mêmes le cours de leur vie. Par conséquent, la question de tuer les animaux devient centrale. Aucun acte ne restreint davantage leur autonomie que le fait de leur infliger une mort violente. L’idéologie des droits des animaux veut changer radicalement la relation entre humains et animaux. Le mouvement est fondamentalement politique. Il demande la justice ; la motivation est de combattre l’injustice dans le monde.
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