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L’abattoir Charal de Metz a été infiltré par un enquêteur de l’association de protection animale L214

mercredi 2 juin 2010

Source Solidaritok et L214

Charal vu de l’intérieur
Reportage télé Charal (France 3 Lorraine)

Les images tournées en caméra cachée sont sans appel. Que ce soit en abattage rituel ou non, le non respect de la réglementation en vigueur entraîne des morts insoutenables : des bovins (vaches, boeufs) suspendus par une patte à la chaîne d’abattage s’agitent désespérément pendant de longues minutes avant de rendre leur dernier souffle. L214 porte plainte contre Charal pour cruauté envers les animaux et dénonce la tromperie de l’entreprise envers les consommateurs.

Une réglementation sans effet, des souffrances évitables

Pour l’abattage standard, les bovins sont étourdis puis suspendus à la chaîne d’abattage, mais au lieu d’être immédiatement égorgés comme l’exige la réglementation, l’employé chargé des mises à mort accumule du retard ce qui entraîne une reprise de conscience des animaux avant leur égorgement.
Concernant l’abattage rituel (sans étourdissement préalable à l’égorgement), la vitesse de la chaîne d’abattage est inchangée par rapport à l’abattage standard (entre 50 et 60 bovins à l’heure). Cette cadence ne permet pas d’attendre le temps nécessaire à une saignée complète dans le tonneau à contention. Pourtant la réglementation exige que « l’immobilisation [soit] maintenue pendant la saignée. »
Comme le montre clairement les images, ces deux principales violations entraînent une mort des bovins en toute conscience, suspendus par une patte à la chaîne d’abattage.
L’enquêteur a pu constater que ces infractions étaient répétées et quotidiennes.

Les mensonges de Charal

« Notre groupe a fait de la protection animale un volet central et spécifique de sa politique "Qualité", qui va au-delà des exigences actuelles et préfigure les évolutions réglementaires. » C’est ainsi que se présentait Charal dans une lettre à L214 motivant un refus de visite. L’enquêteur a également pu constater le changement momentané des pratiques de l’abattoir à l’occasion d’un audit mené par McKey, le fournisseur des steaks chez McDonald’s.

Services vétérinaires inefficaces

Les Services vétérinaires pourtant présents en permanence dans l’abattoir ont montré leur incapacité à faire respecter la réglementation de protection des animaux. Ces constatations corroborent celles de l’Office alimentaire et vétérinaire (OAV) de la Commission européenne qui relève des défaillances récurrentes des Services vétérinaires français. Au cours de sa dernière mission, l’OAV a notamment pointé explicitement l’insuffisance de formation des agents officiels concernant le bien-être des animaux.

Contact presse :
Sébastien Arsac : 06 17 42 96 84
Brigitte Gothière : 06 20 03 32 66
Vidéos et photos sur demande.

Communiqué du 29 août 2009

Réponse de L214 à Charal et aux Services vétérinaires
Hier, 28 août, L214 a publié des images tournées en caméra cachée dans l’abattoir Charal de Metz. Nous y dénoncions des infractions à la réglementation entraînant des souffrances supplémentaires pour les animaux abattus. Suite aux articles parus dans Le Républicain Lorrain et sur Le Post, nous apportons des précisions complémentaires contestant les déclarations de Charal et des Services vétérinaires.

Non respect de la réglementation et inefficacité des Services vétérinaires
Nous reprochons à l’abattoir Charal de ne pas respecter la réglementation de protection des animaux. En abattage standard, le comportement des bovins indique que certains reprennent conscience avant la saignée :
« des bovins (vaches, boeufs) suspendus par une patte à la chaîne d’abattage s’agitent désespérément pendant de longues minutes avant de rendre leur dernier souffle. »
En abattage rituel, le temps d’immobilisation pendant la saignée n’est pas respecté, entraînant « une mort des bovins en toute conscience, suspendus par une patte à la chaîne d’abattage ».
Notre communiqué du 28 août met également en cause les Services vétérinaires, dénonçant « leur incapacité à faire respecter la réglementation de protection des animaux. »

Charal reconnaît l’authenticité des images

Dans Le Républicain Lorrain daté d’aujourd’hui, la direction de Charal reconnaît qu’« [il est] très choquant de voir des images si dures » mais se défend, avec l’appui des Services vétérinaires, qui précisent que « les animaux morts ont gardé des réflexes nerveux post mortem qui donnent cette impression qu’ils bougent. »
De même, sur le site Internet Lepost.fr, Charal déclare : « [Les bêtes] ne peuvent pas reprendre conscience. Il s’agit d’abattage standard et les techniques - pistolet de masse qui crée un hématome au cerveau ou matador, qui rentre une tige métallique dans la tête - font que les animaux restent inconscients. Donc les bêtes que l’on voit gesticuler, c’est à cause de réflexes nerveux. On parle de réflexe agonique. »
Les signes de rétablissement de la conscience sont clairs
D’après l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments, les signes de rétablissement de la conscience sont les suivants :

  • respiration rythmique
  • réflexe cornéen
  • pupilles resserrées
  • réflexe de redressement
  • tentatives de soulèvement de la tête
  • retour de rigidité dans les oreilles Sur les images, on peut clairement constater les tentatives de redressement et de soulèvement de tête. Il est possible de comparer avec d’autres abattoirs. On peut y voir les réflexes de type épileptique des animaux après la trépanation mais pas de reprise de conscience sur la chaîne d’abattage. Voir l’extrait à 1 min 30 sec d’une vidéo d’abattage de bovins tournée en 2007. L214 maintient donc que les animaux reprennent conscience sur la chaîne d’abattage.

Les Services vétérinaires juge et partie

nous demandons l’expertise d’une autorité vétérinaire indépendante
Dans cette affaire, les Services vétérinaires sont juge et partie : présents dans les abattoirs, ils ont failli à leur mission de protection des animaux. Sans même avoir regardé les vidéos, ils apportent leur soutien à Charal (cf. article du Républicain Lorrain). Nous demandons aujourd’hui l’expertise de l’Office Alimentaire et Vétérinaire de l’Union européenne (OAV) habilité à évaluer le fonctionnement des abattoirs et l’efficacité des Services vétérinaires à faire respecter la réglementation.

Retour sur les infractions flagrantes

Abattage standard : la réglementation impose la saignée immédiate après étourdissement.
R214-71 du Code Rural : « La saignée doit commencer le plus tôt possible après l’étourdissement et en tout état de cause avant que l’animal ne reprenne conscience. »
Chez Charal, en abattage standard, les animaux sont assommés puis suspendus. Ils attendent de longues minutes avant d’être égorgés. -> Infraction à l’article R214-71.
Abattage rituel : la réglementation impose le maintien de l’immobilisation pendant la saignée.
R214-74 du Code Rural : « L’immobilisation doit être maintenue pendant la saignée. »
Charal affirme : « Nos experts ont regardé les images et le temps d’immobilisation est suffisant, de l’ordre de 40-50 secondes à une minute. Cela correspond à la réglementation. » Le chronomètre des experts de Charal est visiblement endommagé.
Les images montrent que la mentonnière se dégage sitôt le coup de couteau terminé : l’immobilisation est relâchée immédiatement après égorgement. -> Infraction à l’article R214-74.
Dans cet extrait, le bovin aura été maintenu moins de 10 secondes -> voir la courte vidéo extraite de l’abattage rituel.
Par ailleurs, Charal et les Services vétérinaires se gardent bien de revenir sur l’emplacement du box rotatif qui fait subir un stress supplémentaire aux bovins qui sont face à leurs congénères égorgés. -> infraction à l’article R214-67 du Code Rural : « Les locaux, les installations et les équipements des abattoirs doivent être conçus, construits, entretenus et utilisés de manière à épargner aux animaux toute excitation, douleur ou souffrance évitables. »

Alerte 05/09/2009
Source L214
Charal a fait pression auprès notre hébergeur (Gandi) via la loi LCEN (Loi pour la confiance dans l’économie numérique). Soit nous retirions nos informations et images dévoilant les pratiques d’abattage des bovins dans l’abattoir Charal de Metz, soit Gandi nous coupait l’intégralité du site pour se protéger lui-même de Charal.
Nous avons donc été contraints de retirer les pages et vidéos concernant notre enquête chez Charal.
Bien évidemment, nous n’allons pas en rester là. N’hésitez pas à vous inscrire à notre lettre d’information pour être tenu au courant des suites de cette affaire.


Voir en ligne : Une interview de L214 vient d’être publiée à l’instant sur le site "développement durable"