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Démonstration d’une ourse aux Matelles le 3 mai 2008

mercredi 7 mai 2008

Il semblerait qu’il soit difficile pour les organisateurs de fêtes rurales de ne pas utiliser d’animaux. En l’occurrence, les fêtes médiévales s’accompagnent trop souvent de spectacles de démonstration d’ours comme au Moyen-Âge ou comme encore aujourd’hui dans certains pays de l’Est européen.
Aux Matelles, commune proche de Montpellier, on n’a pas dérogé à cette triste règle.

Bien sûr, le dresseur vu ce jour n’est sans doute pas le plus mauvais de sa corporation !! Il a d’ailleurs l’aval de la Fondation 30 Millions d’Amis puisque il a participé à une émission de la célèbre association. Ni les organisateurs ni M. Chesneau lui-même n’ont d’ailleurs manqué de le répéter à qui voulait l’entendre, rendant notre travail d’information auprès de la population assez difficile.

En effet, nous étions une vingtaine à "troubler"la "quiétude" des lieux. C’est du moins comme cela que notre action fut perçue par l’un des organisateurs de la fête avec qui, nous avons pu parlementer. Ce n’était pas notre but ; nous souhaitions simplement profiter de cet évènement pour informer les gens sur les réalités d’un dressage via la distribution d’un tract explicatif.

Et, nous avons vu le "spectacle"
Le dresseur, assurément très fort et très à l’aise en matière de communication, loin de nous ignorer ou même de nous critiquer, a assuré son introduction par un discours volontairement rassurant. Plus qu’un dressage, il s’agirait plutôt d’une complicité entre un homme et un animal comme d’autres avec leur chien ou leur chat.
Son ourse, Julia, née en captivité, promise à une mort certaine, a été recueillie par lui, et élevée au biberon. Il est vrai que l’on pouvait noter une forme de complicité entre Chesneau et Julia et il semblait y avoir un "amour" pour l’animal de la part de son dresseur. Mais il est difficile de savoir si cette complicité est le fruit d’une soumission (et dans ce cas dans quelles conditions celle-ci a été obtenue ?) ou si elle est basée sur le respect et l’amour de l’animal ?...
Le spectacle en lui-même ne comportait aucune scène violente pour l’ourse, tout juste quelquefois des postures un peu dégradantes...

Mais il convient tout de même de s’insurger de l’utilisation d’un animal, de son enfermement avant et après le spectacle, de longs voyages dans sa cage et que cette jeune ourse mériterait de pouvoir s’ébattre en toute quiétude sur son territoire.

Chesneau nous a rappelé que Julia est de la 5ème génération de plantigrade née en captivité et qu’elle a perdu toutes connaissances pour pouvoir vivre en liberté : incapacité de se nourrir seule, incapacité à se défendre etc. (ce qui prouve bien que ceux qui pensent que l’animal n’est mu que par son instinct se trompent.)

Effectivement que faire de ses animaux qui n’ont plus de sauvage que le nom après avoir été des esclaves pendant des générations et des générations ? Les laisser encore et toujours en contact avec leur oppresseur ou travailler sérieusement sur des programmes de " réinsertion " comme cela se fait pour des primates en Afrique ou des rapaces en Europe. Nous devons leur rendre leur indépendance et leur réapprendre à être autonome.

Nous leur devons bien ça ! Nous qui les avons enlevés de leurs biotopes et " lobotomisés " pour en faire des " bêtes" de scène. Si éducation, il doit y avoir, alors éduquons-les à la liberté !!

Dom


Voir en ligne : Reportage (Code Animal) sur le dresseur Frédéric Chesneau