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Bilan journée abolition de la viande à Lodève

vendredi 23 avril 2010

Et voilà, nous avons donc fait notre premier-débat autour de la question de l’abolition de la viande.

Très bonne couverture médiatique puisque cela a été annoncé à la radio et quotidien locaux (Radio Lodève et Midi-Libre) Le correspondant Midi Libre est passé en début d’après-midi, nous a interrogé et a pris quelques photos. On peut regretter qu’il soit venu avant que le débat ne commence mais bon il devrait y avoir un article.

La veille, samedi sur le marché, j’ai fait une large distribution de tracts pour annoncer l’évènement Pas vraiment d’hostilité au message abolitionniste, et j’en suis toujours étonné, et quelques personnes m’ont dit venir peut-être. Elles étaient toutes présentes.

Nous avons donc pu avoir une grande salle dans un lieu alternatif et culturelle aux portes de Lodève, grâce à Patrick de l’association Abrakam.
On pouvait déplorer que cette pièce fut très froide car non chauffée, mais les gens ont tenu le coup.

Nous avons installé sur des panneaux des photos, étalé les banderoles de L214 ainsi que leurs grandes photos.

On nous a d’ailleurs reproché de montrer ces images jugées agressives et violentes. Ce à quoi nous avons répondu qu’elles n’étaient pas là pour culpabiliser les gens mais de leur montrer la réalité des élevages, transports et abattage qui sont loin des images d’Epinal que les lobbies de la viande et du lait nous montrent à longueur de journées dans leurs messages publicitaires. Peut-être, il y en avait-il trop !

Hormis le journaliste, les personnes n’ont pas vraiment été voir les documents mis à disposition sur deux tables. Il faut dire qu’un certains nombres sont venus dans l’après-midi et on rejoint le cercle de discussion.

Parmi les militants : Cyrielle, Dany, Constance, Magali et Jérôme qui avait fait le déplacement depuis Anduze et moi.


Confortablement installé sur des couffins ou des canapés, j’ai commencé par présenter le Mouvement de l’Abolition de la Viande, le parallèle que nous souhaitions avec la lutte pour l’abolition de l’esclavage. Nous avons bien axé qu’il s’agit d’une revendication politique et non plus d’un choix personnel de ne plus consommer des produits animaux. J’ai précisé aussi qu’il fallait entendre par viande tout les produits animaux directs ou indirects. Produire du lait ou des œufs nécessitent la souffrance et la mort d’animaux et cela est tout autant inacceptable.
On a expliqué que la souffrance animale est bien évidemment l’élément principal et que sans compassion et altruisme il était difficile de pouvoir agir. C’est après que nous pouvons nous interroger sur notre conduite envers les animaux et remettre en question notre spécisme.

Ce fut une conversation animée, on s’est parfois un peu écarté du sujet mais nous avons préféré laisser les gens s’exprimer. Il y avait par exemple un vieil espagnol de 85 ans végétarien depuis toujours et qui avait connu les privations de la guerre et les mouvements anars par forcément végétariens

Il y avait également un couple dont elle n’est pas végétarienne même si elle a conscience de ce que cela représente parce qu’elle apprécie les saveurs de la viande.
Lui, par contre, est végétarien pas par compassion particulière pour les animaux mais parce que manger de la viande est un acte d’une violence profonde. Yves, c’est, d’ailleurs dit, très intéressé que ce mouvement soit politique.

Nous étions donc au départ entre gens convaincus (même la personne disant encore en manger comprenait notre démarche) même si nous avions des approches différentes. Nous avons d’ailleurs cru bon d’expliquer notre cheminement et pourquoi nous étions devenus végétariens. Autant de parcours différents avec parfois un point commun : la confrontation, un jour, avec des images insoutenables.

Nous avons été rejoint en fin d’après midi par un couple. Le monsieur nous dit qu’il était d’accord avec nous sur le caractère barbare des élevages industriels mais que l’on ne pouvait pas parler de maltraitance pour les élevages en plein air. Nous avons eu droit au registre du fermier qui aime ses animaux à qui il donne des noms mais bon qu’il envoie à l’abattoir un beau jour ! Si effectivement, nous ne contestons pas que la vie de ces animaux est bien meilleure, cela ne rend pas la pratique plus acceptable. Exploitation de l’animal, décision de tous les instants de sa vie de la naissance à la mort et une mort alors qu’il est jeune, vigoureux et en pleine vie.

La mort a d’ailleurs été abordée, cette mort que notre société occidentale cache le plus possible. Les abattoirs ne sont pas des lieux publics et interpeller les gens sur la mort d’animaux peut choquer et avoir un effet dissuasif. C’est du moins ce que prétendait Yves, adepte de la non-violence.

En conclusion, on peut regretter que le débat n’est pas vraiment porté sur la revendication de l’abolition de la viande sur des stratégies pour y arriver ou bien encore le devenir des animaux ou des hommes en vivant actuellement. Nous avons néanmoins longuement abordé la souffrance animale.

Ceci étant dit, il a pu avoir lieu devant un public, certes petit, mais qui a eu une oreille très attentive et qui n’a pas semblé hostile.
Et j’en fus très agréablement surpris, d’une part que quelques personnes aient fait le déplacement et, d’autre part, cette ouverture d’esprit. Je ne pensais pas que les lodévois soient accessibles à cela, comme quoi, il faut se méfier des jugements trop hâtifs !

Dom