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CR Happening Anti Vivisection du Collectif de Défense des A’Nîm’O 30, le 4/2/17 à Nîmes

mercredi 8 février 2017

Un vingtaine de militant/es se sont réunis à Nîmes le 4 février 2017 pour dénoncer avec le happening du Collectif de Défense des A’Nîm’O 30 l’exploitation et la torture que subissent les animaux de laboratoire pour la "recherche", la "vivisection" et les "tests". Le but était également d’informer le public sur les méthodes alternatives aux expériences sur les animaux grâce aux brochures de l’Association Antidote Europe regroupant médecins et scientifiques pour une science responsable et opposée à l’utilisation du modèle animal.

Plusieurs militant/es de DDASud sont venus de Montpellier les soutenir ainsi que Yann, venu de Perpignan
Crédit photo : Véronique Nicole Perrot.

Synthèse de Yohan sur l’expérimentation animale
L’expérimentation animale, dont la vivisection, n’a que trop duré. Il est temps pour nous de comprendre que l’apologie du « modèle animal » n’a plus sa légitimité et que, par-dessus tout, aucun être, aucun individu ne peut se voir arracher la vie selon notre bon vouloir pour les prétendus « progrès de la science ».

Défendant l’expérimentation animale, l’association française GIRCOR (Groupement Interprofessionnel de Réflexion et de Communication sur la Recherche), réunissant les établissements de recherche et présidée par le CNRS, est chargée de publier des bilans réguliers (notamment statistiques).

Explicitement, sur leur site même, la pratique de l’expérimentation animale est présentée comme « irremplaçable ». Mais cette association d’envergure se garde bien de le prouver et tente de légitimer cette pratique à coup de « les animaux et l’homme ont énormément de choses en commun »... Vous entendrez bien volontiers que cette vague explication n’est pas suffisante.

Un modèle n’est fiable et pertinent que s’il est une représentation exacte des processus biologiques de l’objet étudié (donc l’homme). La question est donc : l’animal non humain et l’homme ont-ils TOUT en commun ? Alors même que nous disposons chacun, entre nous-mêmes, d’un organisme différent (car déterminé notamment par le code génétique, lui-même « doublement » hérité). Ainsi, de simples similarités inter-espèces ne suffisent pas à faire de l’animal un modèle fiable car chaque organisme a son fonctionnement propre.

Par ailleurs, le GIRCOR affirme que « la douleur est absente de la plupart des études ». Mais la douleur n’est-elle que physique ? N’est-elle pas aussi psychologique ? Surtout lorsque cette même association reconnaît ouvertement que certains animaux ne voient jamais la lumière du jour (dont les macaques), confirmé par l’association militante Animal Testing le mois dernier dans un laboratoire parisien. N’est-ce pas une forme de souffrance que d’être enfermé toute une vie dans une cage oppressante, privé du contact avec ses congénères, attendant l’heure fatidique de la mutilation à des fins « scientifiques » ?

Mais revenons un peu sur cette absence de souffrance physique... Pour parvenir à comprendre et soigner un comportement pathologique, ou une maladie, il faut préalablement reproduire les symptômes ou une situation similaire à la dite maladie. Il s’agit alors d’une reproduction artificielle de celle-ci, qui s’accompagne souvent de mutilation. A titre d’exemple, étudier le diabète par expérimentation animale nécessite la destruction des cellules pancréatiques par un poison (cellules endocrines, sécrétrices d’hormone comme insuline, glucagon). Pour reproduire une crise cardiaque, on procède à une constriction des artères. Et j’en passe (intoxication, sous-nutrition, chocs électriques etc.). Oserons-nous lors, autant qu’elle soit réglementée et réduite par la pseudo politique des « 3R », nier plus longtemps cette torture psychologique ET physique que doivent endurer plus de 12 millions (dont 2 millions en France) d’individus conscients, sentients et sociaux ?!

Nous n’affirmons en rien que l’expérimentation animale n’ait jamais permis les progrès de la science, seulement nous sommes à une époque où nous ne pouvons bannir de nos mémoires ce peuple opprimé que sont les animaux, et voir à quel point leur sacrifice est vain alors que la chance nous est offerte de pouvoir développer de nouvelles méthodes expérimentales.

De combien de découverte sommes-nous passés à côté ? Et surtout combien de traitements ont fonctionné sur les animaux et non sur l’Homme ? Comme le montre le tragique essai thérapeutique de Rennes en janvier 2016 avec pour résultat un homme mort (attaque du cerveau par les cellules du médicament testé) et quelques autres atteints de graves effets secondaires.

Car entendons-nous bien : l’expérimentation animale ne remplace et ne remplacera jamais les tests humains à 100%, raison pour laquelle une molécule est toujours testée, après validation sur l’animal, sur une population humaine plus ou moins large (et donc autant de « morts » ou cas critiques potentiels).
Finalement, il en résulte que l’expérimentation animale n’est en tout et pour tout qu’une prédiction probabiliste (on notera le pléonasme qui a son sens !) considérant que l’animal permet de comprendre et soigner l’homme.

Mais cessons là les mensonges ! Révélons haut et fort que tout cela n’est qu’usurpation, que si l’expérimentation animale persiste, ce n’est que parce qu’elle est moins coûteuse (car oui, nous monnayons encore la vie en 2017...) et potentiellement plus simple à mettre en place. Toutefois les méthodes alternatives (ou plutôt substitutives) existent, et si elles demeurent dans l’ombre, ce n’est que parce que nous refusons aux biologistes de les développer en les privant de financement. Culture de cellules souches, modélisation 3D sont à ce jour des pratiques montantes qui, couplées l’une à l’autre, peuvent surpasser le modèle animal, pour peu que l’on donne aux biologistes les pleins moyens.

Sauver les enfants malades, oui, mais pas au prix de la vie d’autres individus. Donnons et finançons une recherche éthique, prônée par des associations comme Antidote Europe...

Mais gardons dans un coin de notre pensée que la "souffrance animale", sous ses diverses formes, n’est que la conséquence de l’exploitation et l’oppression qu’ils subissent. Attaquons nous à l’origine du problème : la considération que nous avons pour l’animal. Cessons de les voir si différents de nous, voyons les pour ce qu’ils sont, des individualités uniques qui méritent de vivre pour eux-mêmes.

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